L’avenir de la recherche sur Internet : Google vs Facebook vs Yahoo

On sait que depuis le lancement de Google+ en 2011 que les ambitions fondées par Google pour son réseau social sont fortes. On sait également que la stratégie de Google+ n’est pas à interpréter uniquement comme un réseau social où l’utilisateur va passer du temps et consommer les contenus partagés par ses amis classés dans des cercles ou via des pages ou des communautés : c’est d’abord une couche sociale qui permet à Google de personnaliser tous les autres services de son large écosystème digitale de la recherche à la vidéo en passant par Android. Dès 2011, je vous mettais en garde contre une interprétation du succès de Google+ sur uniquement une base comparative face à Facebook (Et si Google+ avait définitivement perdu la bataille du réseau social face à Facebook ?).

Google+ a une force face à ses soi-disants concurrents dans l’univers des réseaux sociaux : la dépendance forte de tout l’écosystème digital par rapport à son moteur de recherche qui demeure la principale porte d’entrée de nombre d’utilisateurs sur Internet, et notamment pour découvrir les marques. Google sait que son moteur de recherche est son service phare sur lequel Facebook souhaite l’attaquer. Il se doit donc de dégainer le plus vite en continuant la socialisation et la personnalisation des résultats de recherche.

Encore plus de Google+ dans le moteur de recherche

En mai dernier, Google+ avait déjà profité d’une refonte importante de son interface et communiqué pus ouvertement sur un ensemble de nouveautés déployées précédemment : Google Author Rank et le module Google+ Comments entre autres. J’avais eu l’occasion de revenir en détails sur ces nouveautés dans Le nouveau Google+ débarque : ce qu’il faut retenir.

Dernière nouveauté en date mais apparu très discrètement sur le moteur depuis quelques mois, les résultats de recherche privés :  vous seul pouvez voir certains résultats de recherche qui s’affichent sur la partie droite qui dépendent directement de vos interactions réalisées sur Google+ (ajout de personnes dans vos cercles, abonnement à des pages / communautés, partage d’information). Petit exemple avec mon associé, Stéphane Puchois. Vous voyez dans le visuel ci-dessous dans la partie droite un encart indiquant "Accès limité" et affichant certaines informations renseignées sur son profil Google+

google_resultats_prives

On sait que depuis déjà plusieurs mois, vous pouviez en tant que page ou personne relier votre profil Google+ avec vos productions de contenus, ce que Google appelle le Google Author Rank (pour les personnes) ou le Google Publisher Rank. D’un point de vue technique, l’Author Rank ou le Publisher Rank est déterminé par le calcul d’un ensemble de facteurs au degré d’importance varié que le célèbre moteur de recherche ne prend en compte que lorsque le profil de l’auteur du site concerné est validé via un programme spécifique : l’Authorship.

author_rank_google

Au travers de ces deux actions notables, on voit clairement l’emprise de plus en plus forte qu’à Google+ sur les résultats de recherche potentiels. Michelle Blanc, dans un excellent article (La mort du référencement), estime que l’un des principaux impacts de la place plus importante de Google+ dans le moteur de recherche Google est la montée en puissance nécessaire des pratiques de White Hat SEO. Vous savez qu’aujourd’hui optimiser son référencement naturel sur les moteurs de recherche passe par tout un tas de pratiques plus ou moins complexes… et plus ou moins ‘"autorisés" par Google (voir : Les 10 mauvaises pratiques du SEO sur Google) .

Le but non avoué de la place plus importante de Google+ dans Google est clairement de pouvoir lutter contre les mauvaises pratiques SEO au travers de démarches plus personnalisées… et donc potentiellement plus difficilement contrables. Le principe de Google est de privilégier les contenus les plus vrais, les plus pertinents. Malheureusement,

  • on sait que dans cette bataille le cavalier blanc Google a forcément tendance à privilégier ses les résultats de recherche redirigeant vers ses propres services. Il suffit pour s’en convaincre de voir l’arrivée de Google sur la comparaison de certains services marchands (les assurances, les billets d’avion et même l’immobilier) : Les comparateurs made by Google : Google Flights, Google Insurance, Google Real Estate.

  • la bataille du Content marketing est coûteuse pour les entreprises et la tentation de production de contenus qui fera la buzz est forte. Aujourd’hui, certains sites comme BuzzFeed ou Melty sont passés spécialistes dans la création de contenus pour s’assurer d’être dans les premiers à parler de tel ou tel buzz. Plutôt que recherche le contenu le plus intéressant, le plus pertinent comme le ferait tout journaliste, ici il ne s’agit pas de journalisme mais bien de simple création de contenus où trouver l’article le plus buzzable est le nerf de la guerre. On s’en fout que l’information soit vraie ou bien  encore vérifiée, l’important c’est de faire partie des premiers à le diffuser. Résultats des articles sans saveur et sans goût qui se multiplient sur nombre de sites estimant être des sites média (dans le sens journalistique du terme) et qui touchent depuis longtemps la blogosphère également où le relais de contenus se fait au détriment de l’analyse et de la pertinence. Ce phénomène n’est pas nouveau et je l’avoue il fait partie de mes marronniers () tant ces pratiques ne peuvent à terme que nuisible au Web pris comme un média d’information.

Où en est Facebook Graph Search ?

Où en est Facebook Graph Search ?

Les résultats du Facebook Graph Search restent très mitigés et clairement un vaste chantier en construction sur lequel Facebook reste très discret. Si on regarde même de plus près les récents rachats de Facebook (WhatsApp, Oculus voire même Instagram), il semblerait que la recherche soit moins une priorité stratégique que ce qu’elle ne semblait l’être il y a encore quelques mois. Plus que la recherche, l’enjeu est celui de la recommandation et l’intégration bien évidemment du "social" dans cette recommandation. L’avortement de Twitter #Music (Pourquoi Twitter lance-t-il son service d’écoute et de partage de musique ?) lance le signal que l’usage des réseaux sociaux pour de la recommandation verticalisée à un domaine est encore un chantier en friche. Apple avait déjà dû tirer le même constat avec l’arrêt de son service Ping qui avait été lancé en 2010 (L’échec de Ping est confirmé).

Si l’on en croit les récents propos de Mark Zuckerberg, ce dernier semble repousser l’échéance fixée à Graph Search en expliquant qu’il s’agit d’un travail de longue haleine qui prendra au moins 5 ans (Facebook Graph Search is a 5 year thing). Les déclarations récentes tendraient néanmoins à prouver que les équipes travailleraient d’abord sur son intégration et son accès depuis mobile, notamment dans une logique où Facebook Home ne trouve pas son succès comme écran de démarrage de son smartphone (Facebook Home : l’écran (mobile) de fumée de Facebook ?) et que la recherche et recommandation est aussi sur mobile une porte d’entrée à des contenus ou des applications.

Et si Yahoo! revenait dans la danse de la recherche avec son Knowledge Graph et grâce à Apple ?

Il y a quelques jours dans un article dédié à Yahoo! (Yahoo! est-il remis sur de bons rails pour renouer avec le succès ?) j’évoquais leurs récents chantiers dans l’univers de la production de websérie. Yahoo! a bien d’autres ambitions on le sait et notamment depuis le rachat de TumblR. Le service au delà d’une plateforme de blogging est un formidable vivier de découvertes de contenus à l’instar de ce qu’est Pinterest dans l’univers visuel.

La recherche chez Yahoo!, même si depuis plusieurs années ne semblait pas être sur le haut de la pile des chantiers prioritaires, pourrait le redevenir. En tout cas, ce sont ce que certaines rumeurs nous apprendraient. Yahoo! pourrait remplacer Google comme moteur de recherche par défaut sur le navigateur Internet d’Apple sur mobile, Safari Mobile. Sauf que ce chantier pourrait se révéler coûteux pour Marissa Mayer, la DG de Yahoo! : Google aujourd’hui, même s’il est guerre ouverte avec Apple autour du mobile (rappelez-vous l’épisode du retrait de Google Maps des iPhone remplacé par une version de Maps made by Apple, loin de la qualité de ce qu’apportait Google), paye chaque année 1 milliard de $ à Apple pour rester le moteur de recherche par défaut proposé.

Sauf que pour revenir par la grande porte, Yahoo! ne peut pas se contenter de proposer un service n’intégrant pas les attentes actuelles des internautes d’avoir plus d’information dès la page de résultat de recherche. Comme vous le verrez dans la vidéo ci-après, Yahoo n’hésite pas à s’inspirer de Google et de son Knowledge Graph pour proposer des résultats de recherche relativement proche de la firme de Mountain View dans la mise en forme.

Le visuel ci-dessous sur la recherche générique Apple est probablement encore plus parlant puisque vous voyez dans la partie droite plusieurs contenus contextualisés dont une partie "Top products" valorisant des produits de la marque vendus par des sites sélectionnés ainsi qu’une partie "You may also like" mettant en évidence ici des marques concurrentes.

yahoo-knowledge-graph

Recommandation sociale et recherche arriveront-ils à cohabiter efficacement chez Google et chez Facebook. Yahoo! peut-il redistribuer les cartes ? A suivre…

Quelles sont les nouvelles priorités des entreprises sur les médias sociaux ?

formation_medias_sociaux

Elles sont de plus en plus nombreuses les marques à nous poser la question du "Stop ou encore de Facebook ?". Elles ne remettent pas en cause la démarche média et publicitaire de Facebook et les opportunités qu’elle regorge, mais l’approche centrée sur une page dont le reach naturel s’effondre pour n’atteindre que quelques maigres pourcentages laisse forcément place à des doutes et des remises en cause. Même des marques ayant su prouver leur pertinence dans leur stratégie de Brand Content comme Oasis en utilisant ce media voient leur reach naturel à peine dépasser les 3%.

Sauf que cette question est loin d’être la seule question que les annonceurs et leurs agences se posent. J’avais abordé la question lors de mon premier article de cette année où je dressais quelques unes de ces questions. Avec Frédéric, lors d’une journée exclusive le 03 juillet prochain, on vous propose d’apporter un certain éclairage sur toutes ces questions, pour vous permettre d’aller plus loin dans vos réflexions.

Pour ceux et celles intéressées par en savoir plus sur cette journée, ça se passe là >>

Je vous laisse avec cette présentation qui est une bonne introduction à cette journée et un résumé des questions que probablement nombre d’entre vous se posent.

Yahoo est-il remis sur de bons rails pour renouer avec le succès ?

Yahoo va-t-il retrouve le sourire grâce à la vidéo ?

Yahoo va-t-il retrouve le sourire grâce à la vidéo ?

Yahoo! renoue enfin en ce début d’année avec les bonnes nouvelles. D’abord la société enregistre sur ce premier trimestre 2014 son meilleur trimestre financier depuis 4 ans. Il semble que le virage pris par la société, avec l’arrivée de Marrisa Mayer, vers le mobile paye ses fruits. En effet, ce sont désormais plus de la moitié des internautes qui accèdent aux services du groupe (dont TumblR), soit 430 millions d’utilisateurs mensuels, depuis un mobile, un chiffre en progression de 30% sur un an.

Autre bonne nouvelle en prévision, la future entrée en Bourse du géant du ecommerce Chinois, Alibaba, dans lequel Yahoo! détient encore 24% de parts, malgré le fait d’en avoir revendu plus de la moitié en 2012. En effet, la future entrée en Bourse devrait selon les observateurs rapporter plus de 8.5 milliards après impôt à Yahoo! Nul doute que fort de cette nouvelle manne finanière, Yahoo! passe à l’offensive dans des rachats. Le premier d’entre eux pourrait être la société de service de vidéos en ligne, News Distribution Networks, pour 300 millions de dollars.

En effet, Yahoo! semble vouloir passer à l’offensive sur la vidéo pour adapter son offre de contenus aux nouveaux usages des internautes et des mobinautes. Depuis le rachat avorté de Dailymotion par Yahoo!, on sait que ce dernier de fortes ambitions autour de ce types de contenus, dans sa logique publicitaire. J’avais déjà eu l’occasion d’évoquer le sujet, il y a un presque un an jour pour jour, dans un article global sur la stratégie de Yahoo! : Quelle stratégie pour Yahoo! dans les mois à venir ? Si à l’époque du rachat de Youtube par Google en 2006 (soit moins de deux ans après sa création), tout le monde avait crié (déjà) à la bulle et au scandale, il faut bien reconnaître que, 8 ans après, Youtube est devenu une pierre angulaire de la stratégie publicitaire de Google. Faut-il rappeler que le service avec plus d’1 milliard de visiteurs uniques par mois est un mastodonte incontournable du Web mondial

C’est fort du constat de ce succès que Yahoo! sait depuis un certain temps maintenant qu’il lui est indispensable d’être crédible sur le marché de la publicité vidéo en ayant une vraie offre basée sur un système de player propriétaire. Le portail de vidéo Yahoo! Screen a clairement été fait dans cette optique de proposer une chaîne riche de contenus vidéos. Mais Yahoo! n’entend pas s’arrêter là et voit dans la vidéo un support de consommation fort et souhaite donc, à l’instar de d’autres géants du Web, lancer une vraie offensive.

Netflix a ouvert la voie d’un service Web (même si la société vient à la base de la location physique de DVD) qui se lance dans la production de séries diffusée sur son propre service mais également à la télévision. House of Cards est le canon que l’on sait.

Depuis lors, Amazon a appliqué la même règle, suivi récemment par Microsoft, Sony mais également par Yahoo!

  • Amazon a annoncé le mois dernier le lancement de 6 séries vidéos qui seront diffusées sur son service de VOD (Amazon Studios lance 6 nouvelle séries TV)

  • Microsoft a annoncé plus récemment, ce mois-ci, sa volonté d’accélérer sur la production de séries TV. 6 séries seraient déjà en cours de production et 12 autres en préparation… rien que ça. L’optique est identique à celle de Netflix ou de Amazon en permettant de proposer des contenus exclusifs sur son système de SVOD prévue sur la console de salon xBox One.

  • Yahoo, quant à lui, semble avoir un temps de retard. Il s’agit de produire des web séries donc de réserver ces contenus à une diffusion Web. Il faut dire que l’ex géant d’Internet n’a jamais tenté de s’imposer en dehors des mobiles et ordinateurs en voulant investir sur les écrans comme la télévision ou les terminaux connectés comme les consoles ou box. Il ne s’agit pas d’une lubbie de la part de Yahoo! mais à terme de survie si la société ne sait pas proposer des contenus en affinité avec les modes de consommation des internautes et mobinautes qui penchent de plus en plus vers la vidéo. Yahoo! voit les choses en grand en prévoyant un budget compris entre 700 000 et plusieurs millions de dollars par épisode, ce qui pour une websérie est du jamais vu.

Est-ce à dire que ces actions qui succèdent au rachat de certaines sociétés plus ou moins connues comme Summly ou TumblR sont enfin un signe que Yahoo! sort d’un certain marasme ? Rien n’est moins sûr. Marissa Mayer, elle même, le reconnait : la pente sera dure et longue à remonter mais Yahoo! a été remis sur de bons rails.

Quels sont les prochains chantiers de Facebook ?

Si Facebook continue a être sous les feux de la rampe depuis le début de l’année au travers de différentes informations qui ont fait couler beaucoup d’encre (le rachat de WhatsApp, la baisse continue du Reach des pages, …), le nouveau géant Internet continue de travailler plus ou moins discrètement sur un ensemble de sujets qui vont émerger et qui devrait complètement changer la face de l’entreprise Facebook.

Facebook n’est plus un réseau social, c’est une entreprise mobile !

Ce n’est pas moi qui le dit mais Mark Zuckerberg. De la même manière que voir encore en Google simplement un moteur de recherche ayant racheté quelques services verticaux (la vidéo, l’analytics, …), c’est passer à côté de la richesse de la 2ème capitalisation boursière Américaine qui contrôle par exemple aujourd’hui les 8 plus grosses sociétés mondiales dans le domaine de la robotique et qui a des grandes ambitions dans le domaine de l’Intelligence Artificielle. La communication récente de Google autour de leur système d’exploitation pour les montres connectés, Android Wear (lire : Google reveals Android Wear, an operating system for smartwatches) est une autre preuve de ce virage de Google vers le contrôle et l’omniprésence dans nos vies numériques et nos objets du quotidien (des montres à nos voitures et maisons).

Si j’en reviens à Facebook, les rachats de Instagram ou WhatsApp sont à la fois la preuve de la volonté de Facebook de conquérir tous les usages mobiles en s’appuyant sur les services ayant déjà acquis des audiences, quite à les racheter "chers". Ne voyez donc pas les pages Facebook comme une priorité pour Facebook, ça ne l’est plus depuis longtemps. Facebook sait que le besoin de proposer de nouveaux services toujours plus ancrés dans les usages mobiles des internautes sera le meilleur moyen de faire migrer les annonceurs vers des nouvelles fonctionnalités publicitaires.

Avec le rachat de WhatsApp, c’est bien plus qu’un service mobile de tchat que Facebook rachète, c’est un potentiel de fonctionnalités et notamment marchandes extrêmement riches notamment si on regarde ce que son principal concurrent chinois, WeChat, propose déjà sur son application (Pourquoi Facebook va s’inspirer de WeChat pour monétiser et développer WhatsApp). On le sait : le e-commerce est une manne que Facebook ne veut pas voir lui échapper et il veut sa part du gâteau, tout comme Google a su très bien le faire depuis quelques années maintenant avec ses services de livraison et ses comparateurs d’achats (Les comparateurs made by Google).

Facebook et la reconnaissance faciale

facebook_DeepFace

Avec son système Deepface, Facebook a fait un grand pas sur la reconnaissance faciale. On le sait l’importance de l’identité numérique pour laquelle bataille les géants de l’Internet. Plus ils agrègent des informations sur votre profil et votre identité numérique, informations qu’ils se doivent aujourd’hui de rapprocher de votre identité réelle, plus ils auront de poids et de place dans nos vies, et plus cette richesse sera valorisable auprès des annonceurs.

Le principe de Deepface est de créer  un modèle 3D des visages le plus complet possible à partir de certains critères comme la distance entre les deux yeux ou entre le nez et les oreilles par exemple. Si ce système pourrait à terme remplacer le service de tagging de photos actuellement utilisé sur Facebook, il a également un intérêt fort par rapport à Instagram. Il s’agit clairement de simplifier l’identification des personnes réelles par rapport aux millions de photos postées chaque jour sur ces 3 services (Facebook, WhatsApp et Instagram).

Facebook et les drônes

titan_aerospace

Début mars, nous apprenions que Facebook s’intéressait de près au rachat d’une société de drones, Titan Aerospace. Inconnu du grand public, les ambitions de Facebook d’intégrer dans son giron cette société avait plutôt de quoi surprendre.  La société développe des appareils pour la surveillance de la météo, des cultures, du trafic maritime, etc. Elle propose également des solutions pour les télécommunications, notamment l’optimisation des communications voix et données. Ca serait probablement dans cette deuxième voie qu’il faudrait chercher l’intérêt de Facebook. En effet, pour continuer à croître Facebook est dans l’obligation de créer ou de racheter de nouveaux services mais aussi de développer l’accès à Internet des populations.

Facebook depuis plus de 3 ans désormais pour l’accès à l’internet gratuit pour tous. Sauf que les équipements actuels basés sur la téléphonie ou les satellites peuvent avoir leurs limites. Les drônes pourrait être un moyen de couvrir certaines régions. Facebook compte en effet utiliser les drones comme relais pour des réseaux internet, et prévoit d’en faire fabriquer 11.000 dans un premier temps, avec un déploiement qui commencerait par l’Afrique.

L’ambition affichée par Facebook se retrouve également chez Google qui travaille dans plusieurs directions par rapport à cet accès à Internet pour tous.

  • Google Fiber qui vise à équiper en fibre les foyers Américains pour offrir des bandes passantes plus importantes. N’oubliez pas aujourd’hui que 80% de la bande passante Internet aux Etats-Unis est consommée par deux services : Youtube et Netflix.

  • Les montgolfières de Google : dans une logique similaire à Facebook et afin d’apporter Internet à certaines régions mondiales faiblement connectés, Google s’est lancé dans un vaste système de montgolfières relais pour développer l’accès à Internet.

Pourquoi Facebook va s’inspirer de WeChat pour monétiser et développer WhatsApp ?

WeChat-550x366

Si le rachat de WhatsApp par Facebook il y a quelques semaines a fait couler beaucoup d’encre, notamment au vue de la somme record dépensé par le nouveau géant Américain (Pourquoi Facebook rachète WhatsApp pour 16 milliards de dollars ?), WeChat, le service chinois souvent comparé à WhatsApp semble clairement avoir une longueur d’avance du point de vue des fonctionnalités "offertes" à ses utilisateurs.

WeChat : propriété du géant Chinois Tencent

Tencent, avec une capitalisation bourisère à plus  de 150 milliards de $ est la 39ème capitalisation boursière mondiale, devant notre leader du CAC 40, Total. Tencent est même la 4ème plus grosse capitalisation boursière Chinoise et de loin la première dans le domaine Digital. Car si vous ne connaissez pas encore les services que proposent Tencent, je vous conseille de relire cet article Tencent, ce géant de l’Internet Chinois . WeChat est donc le nouveau service phare du géant Chinois qui a très tôt compris que se limiter à en faire un outil de tchat et de messagerie mobile en limiterait la monétisation. Cela fait déjà le succès et la richesse du PDG de Tencent, Ma Huateng, dont la fortune est estimé à plus de 13 milliards de $, ce qui fait de cet homme de 43 ans, le plus riche Chinois selon le Bloomberg Billionnaires Index.

Il aura fallu moins de 3 ans à Tencent pour permettre à son service WeChat de conquérir le marché Chinois avec plus de 300 millions d’utilisateurs actifs et plus de 500 millions d’inscrits il est d’une taille équivalente à WhatsApp. C’est en Chine le 2ème média social le plus utilisé avec QQ créé en 1999 et également propriété de Tencent.

Se développer à l’international grâce à… Lionel Messi

WeChat se doit d’être le service digital que les Chinois vont réussir à exporter mondialement. WeChat se doit d’être ainsi "le produit chinois le plus porteur d’espoirs à l’international", selon les termes du fondateur de Tencent, Ma Huateng… et quand il dit ça il ne parle pas que de produits digitaux.

Même si on le sait la concurrence de services équivalents ou proches comme Line (Japon), NimBuzz (Inde), KakaoTalk (Corée du Sud) est déjà forte sur le marché Asiatique, il en de même dans les pays occidentaux avec des services comme WhatsApp voire Snapchat. Tencent ne lésine donc pas sur les moyens pour devenir le leader mondial des applications mobiles sociales en ayant investi plus de 200 millions de dollars l’année dernière pour assurer ce développement. Action la plus visible mise en place : l’appel à la star mondiale du football Lionel Messi.

Wechat Messi

Bien plus qu’un service de messagerie instantanée

Si WhatsApp a fait aujourd’hui le choix d’un modèle freemium (gratuité de l’application les 12ers mois puis abonnement pour 1$ / an), WeChat s’est orienté vers le modèle classique des achats in-Apps. L’achat d’émoticônes ou de fonctionnalités au sein des mini-jeux présents dans l’application ont été une première étape notable en 2013 dans la monétisation du service. Mais WeChat va bien plus loin et notamment en terme de e-commerce.

  • Tencent est un groupe très présent dans le e-commerce avec de multiples positions dans de nombreux sites. Il y a par exemple quelques jours seulement, ils ont pris 15% de participation au sein du site marchand JD.com. Ils peuvent ainsi multiplier les offres marchandes sur WeChat faisant directement la promotion des produits vendus sur leurs propres sites e-commerce.

  • WeChat intègre propose sa  propre solution de paiement pour tous les services et produits affiliés à Tencent.

WeChat2

  • Tencent a acquis en février  dernier 20% des parts du site d’adresses et de réservation en ligne de restaurants Dianping.com (équivalent de LaFourchette) qui offre des bons de réduction exclusifs pour les utilisateurs WeChat.

  • Autre service de réservation présent directement dans l’application : la réservation de taxis. Ce sont désormais plus de 700 000 taxis qui sont réservés chaque jour via WeChat.

  • Plus surprenant : vous pouvez faire de WeChat votre banque. La possibilité de pouvoir trouver des solutions de gestion de patrimoine comme ce que pourrait vous proposer n’importe quelle banque est désormais possible.

Au delà des fonctionnalités et offres commerciales directement proposées aux utilisateurs, WeChat propose également d’autres services à destination des marques. Tout d’abord, la possibilité pour n’importe quelle marque de se créer un compte : ainsi que ce soit Starbucks ou bien encore la marque de préservatifs Durex, elles utilisent toutes WeChat pour communiquer auprès des Chinois. La possibilité de pouvoir créer des mini-applications comme le réveil automatique de Starbucks vous permettant de bénéficier de petits déjeuners à moitié prix en est un  exemple.

starbuck-WeChat

Des pistes à suivre pour Facebook / WhatsApp ?

Clairement, Facebook a bien tout cela en tête lorsqu’ils décident de racheter WhatsApp. WhatsApp ce n’est pas seulement un potentiel d’audience à monétiser par de la publicité, c’est potentiellement un ensemble de services directement liés à des logiques marchandes et e-commerce qui pourront être proposées. Facebook, on le sait, lorgne depuis longtemps du coté du e-commerce et peine à trouver la solution : les boutiques intégrées dites F-commerce se sont résumés être des échecs (Les 5 raisons de l’échec des boutiques sur Facebook), tout comme la tentative de proposer des Facebook Offers ou de s’inspirer de Pinterest pour créer Facebook Collections.

A voir si donc WhatsApp sera la tête de proue de la stratégie e-commerce de Facebook sur le mobile, à l’instar de ce que Tencent a réussi à faire avec WeChat.